INTERVIEW AVEC MYRIAM BOU SAHA

Réalisatrice du documentaire Tunisie, l’art du tatouage berbère, une des œuvres sélectionnées pour les projections #theparders SURFACE, Myriam Bou Saha a répondu à nos questions. Nike Air Max 2016 Dames Zwart Kanken Big Baratas Elisa Rusca: Comment as-tu eu l’idée pour le sujet du documentaire? Myriam Bou Saha: Au départ, je souhaitais répondre à des questions laissées en suspend concernant les tatouages que portaient mes grands-mères sur le visage. Elles se sont toujours limitées à de simples réponses: tout d’abord, le tatouage était péché avant de poursuivre qu’elles avaient fait cela par ignorance, qu’elles avaient suivi les coutumes de leurs aïeux. Ces brèves réponses ne satisfaisaient pas ma curiosité, une grande majorité des vieilles femmes sont tatouées dans mon pays d’origine, il y avait bien une raison à cela. Avant que ne décède ma dernière grand-mère, j’ai entrepris des recherches, je mettais donnée pour objectif de recueillir des témoignages, d’aller à la rencontre de celles qui n’ont pas transmis leur savoir aux générations suivantes. scarpe adidas bianche e rosa E.R: Comment as-tu trouvé la protagoniste du documentaire? M.B.S: Lors de mes repérages, je demandais à de jeunes gens qui les avaient tatoués, le nom de Manel a souvent été mentionné. Désireuse de la connaître, j’ai cherché à la rencontrer. Canotta NCAA Lors de notre premier rendez-vous skype, très vite j’ai trouvé chez cette jeune fille la capacité de porter un tel film. Air Max Zero Nous avions une histoire similaire, elle aussi cherchait des réponses qui pouvaient l’aider dans son travail de tatoueuse, sa grand-mère était décédée un an au paravent emportant avec elle son histoire. Les ambitions de Manel, me touchaient, elle souhaitait remettre le tatouage berbère au grand jour, le faire renaître dans son propre pays, la Tunisie. Nike KD Trey 5 III E.R: Comment s’est-il déroulé le tournage, est-ce que tu avais déjà en tête le déroulement de l’histoire ou cela s’est-il construit petit à petit? M.B.S: Le tournage s’est déroulé à merveille, j’avais prévu une équipe essentiellement féminine pour que nos vieilles protagonistes soient libres de leur parole. Elles ont été extrêmement généreuses avec nous en nous plongeant dans leur souvenir d’enfance. adidas 2017 pas cher La narration a bien évidemment été pensé en amont, ensuite, un film documentaire est toujours sujet aux d’aléas du tournage, les d’incidents construisent le film. E.R: Visuellement, le film est très soigné et parfois on a presque l’impression que le rythme des images soit donné par une cadence progressive de “stills” rappelant de clichés photographiques par la choix des cadres et des prises de vues – peux-tu nous parler un peu de comment as-tu pensé aux mouvements de la caméra et à la photographie du documentaire? M.B.S: Nous avions avec Manel pensé mener les rencontres du nord au sud du pays, ce qui donnait un rythme au film, celui du road movie. nike air max thea uomo Nous savions que peu de femmes tatouées étaient encore vivantes et qu’en nous rendant dans des lieux isolés nous aurions plus de chance de rencontrer des femmes davantage tatouées. L’esthétique de la photographie était primordiale. asics femme Goedkoop Air Max Nike Les cadrages sérés s’imposaient à moi, pour montrer la précision et la beauté des symboles gravés sur la peau de ces vieilles dames. Le film est coloré grâce aux vêtements traditionnels que portent encore aujourd’hui mes protagonistes. Souvent sujet aux moqueries dû à leur tatouage sur leur corps, je souhaitais mettre en avant leur beauté, qu’elles ne soient plus la risée de leur entourage mais qu’elles soient au contraire le témoin vivant des pratiques et des mœurs d’antan. E.R: La tradition du tatouage berbère est très ancienne, pre-islamique, dont le statut a changé dans le temps. Cela fait penser aux femmes croates en Bosnie, qui pendant l’occupation Ottomane se tatouaient les mains et les visages. Aujourd’hui, cette pratique et ses codes visuels n’existent plus car il n’y a plus de tatouers et tatoueuses traditionnel-l-e-s; dans votre film, cela n’est pas le cas pour le tatouage berbère grâce aux travails de jeunes comme Manel. Air Jordan 13 (XIII) new balance 373 uomo prezzo Que penses-tu de cette recherche identitaire et de cette réappropriation de cet art aujourd’hui dans des contextes completement différents? M.B.S: Il y a un beau travail de l’historien Luc Renaut sur les tatouages “féminin dans les sociétés anciennes et traditionnelles…” il y documente les tatouages des femmes en Bosnie-Herzégovine. Fjallraven Kanken Sale Classic Étant dans un monde assez standardisé, la recherche identitaire s’impose pour beaucoup d’entre nous, cela passe par la recherche de nos racines, de nos traditions et de nos coutumes quelles nous soient proches ou éloignées nous tendons à nous les réapproprier en leur apportant des modifications et en leur attribuant de nouvelles significations plus en adéquation avec notre présent. Rien de nouveau jusque-là, je pense que nous avons toujours été dans cette dynamique. Aujourd’hui, je ne pense pas qu’elle transparaît davantage, cela a été le cas pour bien nombre de générations passées. E.R: Sur quoi es-tu en train de travailler maintenant? Quels sont tes projets filmiques dans le futur? M.B.S: Je tente de développer deux projets de film documentaire très distinct. New Balance 1300 mujer nike air max 2017 donna Je vous en parlerai lorsqu’ils seront à une étape plus avancée de l’écriture… Merci beaucoup Myriam pour ton temps et ta disponibilité, on se réjouit de te revoir bientôt à Locarno!   Tunisie, l’art du tatouage berbère dir. Cheap Fjallraven Kanken Bags Myriam Bou-Saha F/D, 2016, 55′, colour, sound, v.o fr Myriam Bou Saha détiens un Master de Recherche en Arts Plastiques à l’Université de Provence; depuis 2002, elle écrit et réalise de films documentaires.

2017-08-22T09:19:03